Les Vallières 3ème partie : Les œuvres d'art embarquées dans l'architecture


LES ŒUVRES D’ART EMBARQUEES
DANS L’ARCHITECTURE
                   THE EMBEDDED PIECES OF ART   (extrait fascicule 1 à télécharger ci-dessous )

Vivre avec des œuvres au quotidien ne peut être comparé à l’expérience que l’on a d’elles dans un musée, certaines offrant cette particularité de générer une temporalité débordant la traditionnelle visite. L’œuvre a besoin de temps.
La Villa les Vallières est une sorte de pause dans le grand tourbillon médiatique et spectaculaire de l’art. On y privilégie de l’œuvre son processus de recherche et cette zone d’exploration induit, d’ores et déjà, une temporalité inhabituelle - situation qui, nous le verrons plus tard, ouvrira une voie sur un “usage” de l’art dans un espace privé. À la Villa les Vallières, l’artiste invité laisse un “dispositif actif” dont la rencontre se fait avec les résidents suivants, soit par voie d’écriture, de réflexion, soit par confrontation plastique. Les œuvres cohabitent, imbriquées dans les murs ou encore représentées par des trous calibrés et percés dans les volets, dans les cloisons suivant des réseaux traditionnels de circulations de cables, de sons, de lumière, de tuyaux etc. Ces œuvres intègrent discrètement le temps de l’habitation.

Cuisine, salon, chambre, murs, lignes de fuite, points, volume, géométrie, réseau de trous, circuits de petits haut-parleurs, mobilier et autant d’espaces qui ouvrent des champs esthétiques inattendus. Où donc ces œuvres nous conduisent-elles ?

Avec le temps la maison devient l’objet principal d’une réflexion, les artistes reviennent et les croisements esthétiques s’opèrent entre différentes pratiques. Pascale Tiraboschi (designer) engage un projet de mobilier “EM” constitué de 16 modules dans lesquels une œuvre de Ludovic Lignon (plasticien) est imbriquée (v p11). Cette œuvre génératrice d’un mouvement brownien imperceptible par l’œil, est probablement le point de départ des oeuvres embarquées dans l’architecture. “EM” intrigue par son statut ambigu. “EM” est à la fois un mobilier et une œuvre.
 À la Villa les Vallières, nous vivons avec des œuvres qui intègrent notre temps de vie ; dessin de lumière, sculpture sonore, sculpture ou réseau de trous, sorte de perdition dans la structure du bâtiment. C’est donc très naturellement (comme cela s’est produit pour le mobilier “EM”) que nous imaginons de concevoir des œuvres pour l’habitation. Il ne s’agit pas de propositions habituelles d’accrochage mais d’œuvres faisant corps avec l’architecture, toutes susceptibles d’apparaître dans les réseaux électriques ou de plomberie, dans l’articulation acoustique, dans l’utilisation des matériaux de construction, verre, béton, plancher etc. Ces œuvres feraient partie intégrante de l’architecture comme on embarque de l’électronique pour une application spécifique.
Nous appelons ces nouvelles propositions les “Œuvres d’art embarquées dans l’architecture” ou ŒAEA. ( V p 5 à 21)
Dès lors les questions se multiplient, car imaginer des œuvres dédiées à l’habitat pose certaines difficultés. Par exemple : “Quelles zones de la vie quotidienne pourraient accueillir une œuvre, une modification de l'usage, de la circulation”F.Gallis ?
Comment une œuvre investirait-elle le territoire de l’habitation en respectant les préoccupations de l’espace de vie ? Comment pourrait-elle intégrer le temps de l’habitation et de l’usage ?  Comment vivre avec une œuvre si celle-ci intervient dans les usages ? etc.

Une œuvre d’art embarquée dans l’architecture est conçue à partir du plan du bâtiment qui l’intègre, elle en fait partie intégrante et ne peut s’en extraire). Il ne s’agit pas d’un accrochage in situ mais d’une "synthèse hétérogène", d’une approche inédite de la conception d’œuvres d'art.  Dépot INPI 2009

 

Villa les Vallières visite...

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