2010 - 2011

Boîte à dessins   se déploie au milieu de structures paraboliques qui opèrent une concentration d’ondes sonores dans des zones appelées foyers. Chaque foyer est situé à un peu plus d’un mètre de chaque parabole, le son y est précisément audible. Pourtant ce travail ne se résume pas uniquement à des phénomènes de rebonds d’ondes sonores mais s’ouvre bien à un enjeu plastique. L’espace plastique se crée parce que nous le vivons, le son nous fait franchir ce pas vers l’inconnu et convoque ce vertige oscillant de l’espace plastique.

Depuis notre arrivée dans une salle vide et le frôlement de nos corps le long d’un mur ou d’un autre, que cherchons-nous alors  ? Peut-être quitter la salle alors que le silence relance l’intensité plastique ?

 

https://youtu.be/2syqU6QulHY

 

" Boîte à dessin" en dialogue avec les dessins d'écoute d'Eléonore Bak - Villa Arson 2011 ; article de Fanny Drugeon

"Mise en abyme, entre visuel et sonore
Allant au-delà d’une correspondance aux échos baudelairiens, le travail en binôme d’Éléonore Bak et d’Isabelle Sordage, qui dialoguent depuis plusieurs années, part des dessins d’écoute de la première, associant le visuel et le sonore. Matériau impalpable, le "son plastique" conduit à la traduction en motifs et à la constitution d’une partition topographique de l’espace et de l’acoustique ressentie. On assiste à la Villa Arson à une recherche pour la représentation de l’invisible qui aboutit à l’équivalent sonore d’une mise en abyme, d’une incarnation des sons. Prenant corps chez Éléonore Bak, ils se dématérialisent de nouveau chez Isabelle Sordage : avec ses « foyers de résonance » conçus par le biais de paraboles, elle met en espace le principe de localisation sonore et implique physiquement le spectateur. Éléonore Bak s’empare alors de la matière générée par les sons logés de la sorte et réalise une sonographie, une « partison » pour reprendre son vocabulaire privilégiant la matérialisation du phénomène esthétique sonore à toute lecture musicale née d’une partition. À partir des réalisations sonores d’Isabelle Sordage, dans une démarche proche de l’utopie, elle donne à voir son écoute et dessine une trace signifiante sur le mur, restant de cette façon dans l’éphémère, qui néanmoins pourrait potentiellement de nouveau faire l’objet d’une traduction sonore. Chaque oeuvre porte l’empreinte dela précédente et témoigne de la matérialité du son, aux états multiples. Cette empreinte devient tout à la foispensée visuelle et sonore et ouvre un nouveau terrain d’investigation extrêmement fertile aux confrontationsentre l’image et le son, ainsi qu’à la plasticité du son."
Fanny Drugeon - Docteure en histoire de l’art
critique d’art - octobre 2011

 

 

 

 

 

Dans la pièce « celles qui traversent le ciel» (oeuvre en dialogue avec le labyrinthe sonore d'Eliane Radigue – Villa Arson 2011) trois paraboles sont installées dans une grande salle vide, moquettée au sol.

Je garde en mémoire la remarque d’un homme dont l’ouïe s’était absentée de certains types de fréquences, une surdité évidente; il est entré dans la salle, s’est posé face à mon travail et m’a dit « je n’entends rien mais je sens l’espace ». Pour les autres, c’est le corps obstacle – et non moins réceptacle - qui a produit l’espace. Je les ai observé déambuler dans le lieu en cherchant les ondes qui filaient comme des lignes.

 

( Sur ces photos, l'encastrement a été corrigé suivant ma proposition initiale.

En bas de page, version réalisée dans le cadre de l'exposition " le temps de l'écoute" à la villa Arson)



" Boîte à dessin"
"Boîte à dessin"
"Boîte à dessin"oeuvre en dialogue avec Eléonore Bak Villa arson 2010
"Celles qui traversent le ciel" oeuvre en dialogue avec Eliane Radigue