2015

366 + ∞     Le son est une occupation invisible de l’espace. Comme l’architecture, la sculpture ou la peinture, il en est intimement lié et dépendant. Le Corbusier nous dit « la clef de l'émotion esthétique est une fonction spatiale ». Dans son texte « l’espace indicible », il aborde la notion d’espace sonore par l’idée très concrète d’une acoustique dite « plastique ». Ma proposition tient de cette approche particulière de l’espace et aboutit à la sculpture sonore 366 + ∞

Première visite au Cabanon : Je me prête à l’expérience de la « promenade architecturale », je me déplace, je regarde, j’écoute. La sensation d’architecture s’élargit « aux dimensions des quatre horizons ». Au loin, l’horizon nu de la mer signe la limite pour mes yeux. Mais qu’en est-il de l’oreille  ? Ici, trois mondes se superposent. Le premier s’adresse au regard, le second à l’oreille, le troisième est une présence inattendue qui désagrège peu à peu le paysage habituel pour laisser place à une étrange unité sonore. Mes micros et mon matériel d’enregistrement me permettent de capter ce paysage inattendu. Il s’agit d’une présence électromagnétique imperceptible à l'oreille, des sons stagnent « sous le ciel changeant », j’entends l’espace vibrer, j’entends ses mouvements, j’entends la mer et le vent.

366 + ∞ tient d’un agencement de ces enregistrements et d’une mise en forme dans un espace de 366X3866.

Cette proposition est une sculpture ; nous ne savons pas d’où vient le son, seules subsistent des zones que nous traversons et qui nous traversent. 

Isabelle Sordage - mars 2015


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366 + ∞
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isabelle sordage 366+l'infini
isabelle sordage 366+l'infini
366 + ∞
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